Thomas est amoureux, un film de Pierre Paul RENDERS

13 12 2007

Thomas est amoureux, un film de Pierre Paul RENDERS

 

Prix Fripesci à la Mostra de Venise, 2000;

Prix du jury au Festival du  nouveau cinéma des nouveaux médias de Montréal, 2000;

Nombreux prix au 8ième Festival de Gérardner Fantastic’Art, 2001.

 

amoureux

  Synopsis :

«Thomas (Benoît Verhaert), un jeune homme de 32 ans, souffre d’agoraphobie aiguë. Depuis huit ans, il vit reclus chez lui et ne voit les gens que par l’intermédiaire de son ordinateur. Il a confié la gestion de sa vie à la Globale, une société d’assurances qui veille sur son bien-être matériel et mental. C’est le bonheur ou presque. Mais Thomas est seul.  Clara, sa partenaire virtuelle, ne lui suffit plus. Son assureur (Alexandre Von Sivers) lui apprend qu’il a droit à l’assistance d’un service de prostituées pour handicapés. Au même moment, pour le secouer, son psy (Frédéric Topart) l’inscrit de force dans un club de rencontres informatiques.» ( Allocine, 2007 )
 

Depuis la sortit de Thomas est amoureux en 2000, Pierre Paul Renders jouit d’une excellente réputation et sa carrière internationale s’annonce très prometteuse. D’ailleurs, il est intéressant de voir que son œuvre, applaudie par les critiques, surprend également le spectateur moyen (même le plus averti) par un imaginaire fascinant et un univers futuriste frôlant le surréalisme. Certes, il a réussi quand même à nous offrir un contenu qui est très d’actualité aussi bien dans son propos que son contexte. Définitivement, Jean-Pierre Renders redonne non seulement un nouveau souffle au cinéma, mais aussi un sens visuel aux problématiques envers la nouvelle technologie.

Dans son film, il montre bien les enjeux et les possibilités illimitées de ces nouvelles technologies et du cyberespace qui nous envahit de plus en plus. Pour le spectateur, la caméra est le prolongement de l’être humain comme l’être humain est le prolongement de la caméra. Ainsi, pour le personnage de Thomas, les nouvelles technologies et le cyberespace sont le prolongement de son propre corps et subséquemment, il accède à la vie et au cybersexe. La technologie lui permet donc d’avoir une vie relativement normale dans la mesure où il peut entrer en contact, toujours par la médiation, avec son entourage. Or, cette médiation, par les nouvelles technologies, n’est cependant pas sans conséquence et le film est, à cet égard, une réflexion autour de l’individu : un individu marginalisé par la société et conditionné par l’industrie.

Pourrait-on analyser ce contenu filmique versus la société actuelle? Ainsi, quelles seront les interactions et les interrelations humaines de demain? La communication « réelle », donc palpable, de vive voix, en chair et en os sera-t-elle évacuée par les nombreuses possibilités des nouvelles technologies?

Est-ce possible et sommes-nous capables de balancer toute notre vie dans un simulacre et une hyperréalité comme dans le premier long métrage de Renders? 

-         OrION

 





Pi, un film de Darren ARONOFSKY

13 10 2007

 Pi

piSynopsis : 

« Max Cohen est un jeune mathématicien surdoué qui croit que les mathématiques sont le langage de la nature. Il cherche partout des séquences prévisibles de chiffres, notamment dans l’analyse des valeurs de la Bourse. Vivant seul dans son appartement, il analyse la suite des décimales du nombre π. Pour ce faire, il utilise un ordinateur qu’il a lui-même fabriqué et qui occupe la plus grande partie de son appartement.

Plusieurs personnes s’intéressent de près à ses recherches : son ancien directeur de thèse, une femme de Wall Street et un groupe de Juifs qui pensent que la Torah, lorsqu’on la représente avec des nombres à la place des lettres, contient le vrai nom de Dieu. » 

Que dire de ce film que j’ai vu à 9 h du matin sur les bancs de l’université? Hé, bien! Je viens de découvrir l’univers de Darren Aronofsky et c’est un univers qui me fait aimer encore plus le cinéma! J’avais visionné son deuxième succès Requiem for a dream, mais sans plus porter attention au cinéaste, j’avais passé à autre chose. Toutefois, j’ai eu tort…

Pi est le premier film populaire d’Aronofsky et cet auteur ne s’est pas limité à la face visible de l’iceberg. Il a demandé 100 dollars à ses amis et collègues contre un échange de 150 dollars lorsque le film sera publié! Il a eu fort bien raison. D’une histoire un peu banale, il fait plonger le grand public dans une aventure intellectuelle bien formelle. La paranoïa du personnage principal devient alors la nôtre et tous spectateurs qui visionnent cette œuvre finissent par croire qu’ils découvriront, eux aussi, le secret des 216 chiffres. Ce qui est intéressant, c’est que ce chiffre est aussi important dans sa valeur métaphysique qu’économique. Du moins, c’est ce que Max essaie de découvrir en regardant l’effet du vent dans les arbres et le défilement des chiffres de la bourse. Mais qu’arrive-t-il lorsqu’une personne a de lourds secrets comme Max?

Filmé en noir et blanc, ce film nous propose donc une version allégée de la réalité. Que ce soient les financiers de Wall Street ou les Juifs les plus intégristes, ce ne sont que leurs façons de pensée qui change. Or, ils ont le même but : ils souhaitent dominer les autres. Cette thèse centrale de Pi soulève donc un questionnement plus profond : à qui mérite les recherches? Le seul qui comprend le sens de tous ces chiffres se désintéresse des applications qu’il pourrait y développer et les autres, les manipulateurs, sont aveuglés que par leurs ambitions. Cependant, dit-on que la connaissance n’est jamais gratuite? Voyez-vous où je veux en venir? Certainement, le film nous offre une solution acceptable et critiquable selon l’univers de la cinématographie. Toutefois, si nous parlons de l’affaire David Kelly (la mort mystérieuse du directeur britannique de recherche en environnement. Objet : Armes de destruction massive en Irak)? Ou bien, l’affaire Marilyn Monroe (l’hypothèse d’un assassinat. Cause : on prête à Monroe une liaison avec le président Kennedy.)? Ou bien, l’affaire 9/1/1 (l’hypothèse que l’attentat proviendrait de l’intérieur du pays.  Cause : il y a plusieurs faits et gestes qui sont incohérents avec les dires de Bush et son gouvernement.)

Tout ça me fait tellement penser à la trilogie de Jason Bourne (Mémoire dans la peau, Mort dans la peau et Vengeance dans la peau)… 

  • Notre système gouvernemental favorise-t-il la loi du plus fort?

  • Est-ce qu’ils ont aussi un pouvoir concernant le contrôle de l’information?

  •  Les conspirations sont-elles réelles? 

Voici une citation bien octroyée! : « Si vous avez un pouvoir presque absolu sur d’autres individus, vous succombez dans un système qui peut facilement engendrer des abus. » Le Devoir.com

 - OrION





Caché, un film de Michael HANEKE

3 10 2007

Caché
Prix du Jury œcuménique Cannes 2005

cacheSynopsis :

« Georges, journaliste littéraire, reçoit des vidéos où on le voit avec sa famille, ainsi que des dessins inquiétants et difficiles à interpréter. Il n’a aucune idée de l’identité de l’expéditeur.

Peu à peu, le contenu des cassettes devient plus personnel, ce qui laisse soupçonner que l’expéditeur connaît Georges depuis longtemps. Georges sent qu’une menace pèse sur lui et sur sa famille, mais comme cette menace n’est pas explicite, la police lui refuse son aide… »

 Voici un film qui sort de l’ordinaire! Toutefois, ce n’est certainement pas une œuvre pour tous, car elle soulève plus de questions qu’elle n’offre de réponse! En d’autres mots, Haneke nous renvoie à nos certitudes et surtout à notre statut de spectateur. Il joue ici par le biais d’une caméra qui fait surveillance, ce qui amène à raconter une histoire; une conséquence du passé de Georges. Seulement, pouvons-nous faire un lien entre celui-ci, spectateur de cassettes anonymes, et nous, spectateurs de films? Comment pouvons-nous manipuler une caméra pour arriver à nos fins? Bien sûr, peu importe le spectateur (réalité ou fictive), on ne peut s’empêcher de se demander qui envoie des cassettes et pourquoi. Mais la question va au-delà!  Ce qui est intéressant, ce n’est pas d’autant plus le contenu de la cassette, mais le malaise distillé qui est apporté avec cette cassette. On peut donc comprendre que nos faits et gestes peuvent être surveillés et archivés.

Construit comme un labyrinthe socio psychanalytique, ce film nous propose donc les terreurs d’enfance, les stigmates enfouis et la culpabilité de nos actions faites. Qui n’a jamais fait de conneries plus jeunes? Et si des bouts de ces conneries, comme Georges a fait à l’âge de six ans, remontent à la surface plusieurs années plus tard? C’est tout un questionnement face au sens et aux conséquences de nos actes. La mémoire est sélective dit-on, mais la conscience, elle, charrie les avaries du passé! Tout ça pour dire qu’avec une caméra, on peut archiver bien des choses, seulement, les gens veulent bien montrer se qu’ils veulent montrer par la suite. Alors, la personne qui tient la caméra, détient la vérité et elle seule en est juge. Et si cette personne travaillait par pur hasard dans les médias? C’est donc maintenant rendu un problème de communication de masse, car ce traumatisme n’est pas seulement lié à l’individu lui-même, mais à toute une société où les images et paroles trahissent, dissimulent, manipulent et révèlent un jour une face cachée de quelqu’un! (par exemple le passé du politicien André Boisclair avec la cocaïne…) Ainsi dire, l’image est là, porteuse d’horreurs inavouables et de remords silencieux. A-t-on besoin de tout enregistrer pour finalement tout avouer? N’oublions pas que le Royaume-Uni est doté d’au plus de 4 200 000 de caméras de surveillance. Qui voudrait aller se promener en centre-ville de Londres?

  • Les gens abusent-ils de la capacité des médias et des médiums?

  • A-t-on peur de notre liberté? Et si ces caméras voyeuses tombaient entre mauvaises mains comme dans le film Caché de Michael Haneke?

  • Le problème source est-il le comportement de l’être humain ou c’est la technologie informatique qui est trop évoluée? 

Voici une citation bien octroyée! : « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre. »  Thomas Jefferson

- OrION